Chaque année ou presque, on annonce des mesures décisives contre les violences scolaires. L’inflation de ces plans permet de mesurer l’impuissance du milieu dirigeant, face à une situation qui provoque angoisses, peur et découragement.

L’apaisement n’est pas à chercher dans un équilibre artificiel entre prévention et répression, mais dans un changement radical des choix et des comportements des hauts responsables de notre pays. Pourquoi ?

Parce qu’on ne peut pas « intégrer » des jeunes dans une société qui se désintègre, faute de volonté politique.

Parce qu’on ne peut pas exiger des élèves qu’il respectent des enseignants qui sont régulièrement insultés et humiliés par leur ministre.

Parce qu’on ne peut pas apprendre la concorde à des enfants quand le milieu dirigeant vante la guerre économique et porte au pinacle les « tueurs » d’employés réputés inutiles.

Parce qu’il est impossible de commanditer des cours de morale quand on appartient à un milieu où pullulent les menteurs, les privilégiés et les escrocs.

Des immoralistes qui font la morale ? C’est à devenir fou.

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Article publié dans le numéro 743 de « Royaliste » – 7 février 2000