Après les affrontements entre Serbes et Albanais du Kosovo, ceux qui opposent les Serbes et les Croates : la Yougoslavie est entrée dans une logique de guerre civile, qu’on espère passagère et limitée, mais qui semble difficilement évitable. Le communisme n’a rien effacé dans la mémoire historique des peuples, ni atténué la violence des hommes – qui est d’autant plus vive que les ressemblances entre « ennemis » sont fortes.

Il est sans doute possible de trouver les responsables directs de cette situation catastrophique, et nécessaire de déplorer l’indifférence de trop nombreux pays européens. Mais le problème posé tient d’abord aux structures politiques de l’ensemble yougoslave : là comme ailleurs, pas de fédération sans fédérateur, pas de paix civile sans médiateur.

Depuis la mort de Tito, la réponse est suspendue et l’attente se paie en sang versé. Souhaitons que les peuples yougoslaves trouvent dans leur histoire et dans leur volonté le moyen de se réconcilier.

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Article publié dans le numéro 559 de « Royaliste » – 1991