Dans une vie politique figée par les attentats du 11 septembre, les Verts ont l’immense avantage de nous donner régulièrement matière à distraction.

Ce n’est plus un mouvement mais un magasin de farces et attrapes ! Pétards, faux nez, fluide glacial, poil à gratter : tel est l’équipement de base du dirigeant vert en campagne contre les autres dirigeants.

Des pétards, Dominique Voynet en jette dans tous les sens depuis qu’elle a repris son parti en mains (sic). Si bien qu’on ne sait jamais qui elle soutient : le sait-elle elle-même ?

Noël Mamère adore les faux nez : costumé en savonneur de planche, il joue le rôle du non-candidat. S’il ne veut rien être, pourquoi ne se tait-il pas ?

Daniel Cohn-Bendit est féru de poil à gratter. Dès qu’une crise éclate, il dit quelque chose d’irritant. Est-ce par volonté de nuire, ou par irrésistible désir d’apparaître ?

Tous inondent de fluide glacial le siège du présidentiable en sursis qu’est Alain Lipietz, vieux rouge repeint en vert tendre mais qui demeure avant tout fidèle à lui-même, donc extérieur à ce qui constitue l’identité verte. C’est cette incompatibilité de tempéraments qui donne sa logique aux clowneries dont les Verts nous régalent et qui explique que le candidat Lipietz soit se soit lui-même placé en situation d’être expulsé. Le sera-t-il après un  référendum interne, qui rappelle les fameuses sélections de Loft Story ? Comme au bon vieux temps de Laure, Aziz et Loana, la France est en haleine.

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Article publié dans le numéro 779 de « Royaliste » – 15 octobre 2001