Sur quelques murs, une affiche signée SOS Racisme pour les élections régionales et cantonales avec cinq mots en forme de consigne : « Votez pour une République métissée ».

Ce qu’on signe là jette dans un abîme de perplexité.

S’agit-il de la République définie comme Etat de droit ? L’idée d’une Constitution « métisse » est aussi inepte que le métissage res publicain du bien commun.

Veut-on une France mélangée ? Cela fait plus de mille ans que des populations diverses se mélangent amoureusement – dans ou hors mariage, c’est selon, mais sans que personne ne prescrive par voie d’affiche qu’il est politiquement correct de caresser une peau différente de la sienne. Qu’on nous laisse libre de goûter exclusivement ou successivement le lait et diverses variétés de pains dorés ou bien brûlés.

Ordonne-t-on de voter pour des jaunes, des noirs etc. ? C’est inciter à la préférence raciale dans une République qui ne connaît pas de races. C’est évidemment entrer dans la logique imbécile et criminogène qui fera s’opposer le vote de couleur au « vote blanc ».

Encore une fois, nous demandons aux «communautaristes » de nous expliquer pourquoi le fait d’être une femme, un mâle homosexuel, un « beur » ou un « descendant d’esclaves noirs » donne une meilleure intelligence des affaires publiques.

Quand SOS Racisme était dirigé par Harlem Désir sous l’égide de l’Elysée (vous voyez ce que je veux dire ?) nous soutenions ce mouvement qui militait pour l’intégration républicaine. Le voici tombé entre les mains de provocateurs irresponsables.

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Article publié dans le numéro 834 de « Royaliste » – 1er mars 2004