Pendant que Dieu distribuait les territoires entre les peuples, les Abkhazes buvaient, chantaient, festoyaient. Comme il ne restait plus rien pour eux, Dieu, dans son infinie bonté, leur donna le jardin qu’il s’était réservé.

L’Abkhazie seraient restée un petit coin de paradis au bord de la mer Noire s’il n’y avait eu, comme partout ailleurs, la marche des empires et l’avènement de nations. Se succédèrent, entre autres, les Grecs, les Ottomans, les Russes, les Soviétiques. Puis ce fut la guerre de 1992-1993 entre les Abkhazes et les Géorgiens. Aujourd’hui, l’Abkhazie qui vit sous la protection russe est un pays qui n’existe pas, faute de reconnaissance internationale. Mais lorsqu’on y pénètre, en provenance de Sotchi ou de Tbilissi, on trouve un Etat, une justice, une police, une Eglise orthodoxe, des militaires et des hommes d’affaires aux activités plus ou moins transparentes et surtout un peuple accueillant.

Journaliste, familier du Caucase, Régis Genté raconte comment se manifeste le sentiment d’appartenance nationale dans ce pays marqué par sa guerre de sécession et qui bénéficie de la lourde sollicitude russe.

La description du khatchapouri – pain à l’œuf farci de fromage fondu – donne envie d’aller y gouter malgré les épreuves administratives qui précèdent l’arrivée à Soukhoum, capitale, comme chacun sait, de l’Abkhazie.

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(1) Régis Genté, Voyage au pays des Abkhazes (Caucase, début du 21ème siècle), Editions Cartouche, 2012.

 

Article publié dans le numéro 1017 de « Royaliste » – 2012