En France les principaux médias ont présenté l’élection présidentielle afghane selon les critères occidentaux : liberté d’expression, taux de participation, vote des femmes.

Ces points sont d’une importance certaine, mais les enjeux décisifs ont été négligés : le caractère symbolique du pouvoir, la Constitution nationale, la capacité de l’Etat à assurer la paix civile.

Or le roi d’Afghanistan a été mis de côté, au mépris des bienfaits d’une monarchie qui garantissait la paix et qui favorisait le progrès. Et le choix d’un système présidentiel est désastreux : le chef de l’Etat devra accepter la tutelle extérieure pour rester en vie, et acheter les votes des députés et les clientèles électorales pour mener un semblant de politique dans un pays démembré par les seigneurs de la guerre, de la drogue et d’autres trafics.

La contestation du scrutin du 9 octobre, avant même que les résultats soient publiés, montre déjà que le nouveau pouvoir ne bénéficiera pas d’une réelle légitimité. Le peuple afghan, hommes et femmes, n’est pas au bout de ses souffrances.

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Article publié dans le numéro 845 de « Royaliste » – 2004