Rien succède à rien. Autrement dit, Jean-Claude Trichet remplace Wim Duisenberg à la tête de la Banque centrale européenne pour présider à la même absence de politique monétaire.

Comme un bouchon, l’euro monte et descend au gré des fluctuations du dollar. S’il baisse, le clonique président de la BCE et les financiers s’alarment mais les exportateurs se portent mieux. S’il monte, les banquiers de Francfort et d’autres lieux se congratulent – mais les industriels de la zone euro sont plus ou moins lourdement pénalisés. Rien n’y peut rien, c’est la « loi du marché » !

Monsieur Trichet est un néant politique mais un homme heureux : l’euro est enfin « fort » par rapport au dollar, il va être photographié en compagnie des grands de ce monde et, du haut de son piédestal, il va contempler l’économie stagnante de la zone euro, la montée du chômage, la pauvreté de masse. Ce qui ne l’empêchera pas de célébrer encore et toujours la monnaie forte et d’inciter au respect du stupide pacte de stabilité.

Monsieur Trichet est un fanatique. Mais c’est un fanatique bien élevé.

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Article publié dans le numéro 825 de « Royaliste » – 2003