Cannes, le samedi 25 mai. Un homme et une femme montent les célèbres marches. On le reconnait. Il sourit. On lui sourit et on le prend en photo. Très à l’aise, la femme est manifestement fière d’être à son bras. Lui, c’est Dominique Strauss-Kahn. Elle, je ne sais plus. A la télévision, le commentateur évoque la scène comme s’il s’agissait de célébrités appréciées par le public, sans se rendre compte que le spectacle est tout simplement obscène.

Si Dominique Strauss-Kahn était un acteur, les mésaventures judiciaires dues à ses pulsions relèveraient des faits divers. Mais il s’agit d’une personnalité politique de premier plan qui a provoqué un immense scandale, au détriment de la France et des Français. Son apparition au festival de Cannes a un sens précis : elle signifie qu’un responsable politique peut laisser libre cours à ses pulsions, manquer de respect aux personnes, trahir ses partisans et nuire à sa patrie sans perdre son prestige mondain.

Après avoir vu la scène cannoise, j’ai retrouvé par hasard le premier entretien que Raphaël Draï avait accordé à notre journal sur la fonction royale dans la tradition biblique (1). J’en extrais quelques lignes, où l’on voit aussi un homme monter des marches :

« Le trône n’est pas ostentatoire. C’est ce qui donne le sentiment d’une assise, d’une stabilité. Pas de décorum mettant le roi en scène, mais la pudeur. Pour accéder au trône, le roi doit monter sept marches et sur chacune se tient un héraut qui lui rappelle les obligations de sa charge : l’élévation n’est qu’une élévation dans l’ordre de la responsabilité ».

Dans l’oligarchie, nul ne répond aux devoirs de la charge.

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(1)    « La fonction royale et la Loi », entretien publié dans ne numéro 527 de « Royaliste », 26 décembre 1989.