Au moment où le gouvernement et les professions liées au transport maritime signaient une « charte » (le 10 février) qui donne conscience à tout le monde sans contraindre personne, les interrogations se multipliaient sur la toxicité des plaques d’hydrocarbures qu’on continue de ramasser sur la côte atlantique.

A la mi-janvier, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) estimait que le fioul échappé de l’Erika était « un composé peu toxique » mais qui contenait cependant des hydrocarbures aromatiques polycycliques qui sont toxiques pour la peau et dont beaucoup sont cancérigènes.

Malgré ces risques, on a continué à envoyer sur les plages à nettoyer des « jeunes de banlieues » et des enfants de certaines écoles de Bretagne. Ce qui donnait de belles images de gentils bénévoles au travail, commentées en termes édifiants sur toutes les chaînes de télévision.

Un mois plus tard, l’Association pour l’étude des risques du travail mettait à nouveau en garde contre la présence de composés cancérigènes (Benzopyrène, Benzo-Anthracène) dans les « galettes » qui continuent d’arriver sur les côtes.

Le risque de cancers est jugé « peu important » par les différents laboratoires (il faudra plusieurs années pour que ces propos rassurants soient confirmés ou infirmés) mais, de fait, les bénévoles qui participent au nettoyage se plaignent de maux de tête et d’irritations de la peau.

Même si ces désagréments sont mineurs, même si les équipements protecteurs sont efficaces, comment se fait-il que les pouvoirs publics encouragent des adolescents et des enfants à joueur les éboueurs des mers ?  Même si les risques cancérigènes sont faibles, comment se fait-il que les pouvoirs publics n’affectent pas seulement des professionnels au travail (c’en est un) d’évacuation des déchets pétroliers ?

Il faut souhaiter que les inquiétudes exprimées par nombre de bénévoles soient sans objet. Sinon le gouvernement dans son ensemble, qui est responsable de la sécurité des personnes et de la protection de leur environnement, porterait le poids d’une écrasante culpabilité.

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Article publié dans le numéro 744 de « Royaliste » – 21 février 2000