Partez donc à la découverte du Daghestan compliqué, où il est impossible de se faire des idées simples sur les peuples, les langues et les religions.

Nous sommes dans le Caucase, que les Arabes appelaient la Montagne des langues tant il y en a, généralement inconnues sous nos latitudes. Nous sommes plus précisément au nord de l’Azerbaïdjan, république désormais indépendante,au sein de la Fédération de Russie et juste à côté de la Tchétchénie…

Le pays à découvrir, c’est le Daghestan, que l’ethnologue russe Vladimir Bobrovnikov explore avec science et passion depuis de nombreuses années (1). Jacobins s’abstenir ! Dans cette République grande comme notre région Midi-Pyrénées, il y a quatorze langues officielles réparties en trois rameaux caucasique, altaïque et slave et plusieurs peuples – russe, lesghien – et les Avars auxquels Vladimir Bobrovnikov s’est particulièrement attaché. Chrétiens convertis à l’islam, ils comptent parmi leurs héros l’iman Chamil qui fut la coqueluche du Paris antirusse au 19ème siècle et qu’on a tort de présenter comme tchétchène.

Actuellement confrontés au terrorisme islamiste et à la violence mafieuse, les Avars ont sur la Tchétchénie un point de vue qui incitera à la prudence ceux qui pourraient être tentés de regarder le Caucase infiniment compliqué avec les lunettes de deux ou trois intellectuels germanopratins.

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(1) Vladimir Bobrovnikov, Voyage au pays des Avars (Daghestan, début du XXIème siècle), Editions Cartouche, 2011. 12 €

 

Article publié dans le numéro 1012 de « Royaliste » – 2012