Sensationnelle révélation : en quittant l’OCI, Lionel Jospin est resté marxiste, mais a rejoint la tendance Groucho, tandis que Laurent prenait la tête du courant Blairo…

Je me demandais comment t’expliquer en peu de mots, ami lecteur, comment on peut avoir à la fois une baisse de croissance et une hausse des prix, un euro faible et une balance commerciale déficitaire. Ceci dans une « zone euro » qui glisse dans la déprime.

Réflexion faite, il suffit d’imaginer un autobus conduit par les Marx Brothers. Au volant, le Premier ministre. Après enquête de mon réseau, j’affirme que Lionel, dit « Michel », taupe rouge de l’OCI au sein du PS, s’est converti au marxisme tendance Groucho alors qu’il fêtait d’une soupe au canard son entrée à Matignon.

Le marxo-grouchisme consiste à piloter un véhicule en portant le regard sévère d’un compagnon de Trotski sur un tableau de bord où plusieurs chiffres sont faux – ceux du chômage – sans regarder ceux qui sont vrais et qui indiquent une baisse de la consommation des ménages ces deux dernières années (+ 3,4% en 1998 ; + 2,8% en 1999 ; + 2,5% en 2000) et un fort ralentissement de la croissance depuis quelques mois puisqu’on prévoit officieusement un taux de + 2,4% au lieu des + 3,1%  annoncés par Laurent Fabius.

Pendant que des passagers demandent au chauffeur ses papiers (cartes de l’OCI, du PS, de l’Amicale des malvoyants et malentendants, des Anciens de la Maison Mitterrand), un autre frère Marx fait une farce : c’est le camarade Fabius dit « Laurent », qui a pris la tête voici un  an du courant Blairo (une variante française du marxo-grouchisme britannique, animée Outre-Manche par Tony Blair) : il file un coup de latte dans le mollet de l’hôtesse d’accueil, Elisabeth, alias « Guigou », qui a découvert le marxisme en lisant du Robert Hue, parce qu’elle refuse de virer d’un seul coup tous les chômeurs de l’autobus.

Tandis que des marxo-trotskistes authentiques envoient des cailloux dans le pare-brise, le chauffeur s’aperçoit que deux autres frères en Marx appuient sur les pédales : l’un, grouchiste tendance batave, donne de petits coups d’accélérateur (pédale « taux d’intérêt), tout en laissant faire le frein moteur (alimenté à New-York) afin de lutter contre l’échauffement des pneus (la hausse des prix, sensible en juin) et en criant qu’il faut changer de carburant (mettre de l’euro fort) pour ralentir (la hausse des prix importée) afin d’accélérer le retour de la croissance. Vous l’avez devinez : le grouchiste batave, c’est Duisenberg qu’il se nomme.

Et l’autre, me direz-vous ? C’est l’inénarrable Trichet, autre frère Marx. De tendance blairo, c’est lui qui a recruté Fabius dans sa cellule clandestine (Banco). Longtemps chargé de traduire en français les mots d’ordre de la Bundesbank, il a appris le batave et prend des mines de taupe importante en brandissant un pédalier et un frein à main hors d’usage.

Est-il besoin de préciser que le véhicule en dérapage incontrôlé file vers le fossé ?

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Article publié dans le numéro 775 de « Royaliste » – 25 juin 2001