Chef du service des informations scientifiques de RTL pendant plus de vingt ans, Pierre Kolher dénonce l’écologisme dans un livre courageux. Le voici exposé à la vindicte des Verts et surtout menacé du silence de plomb qui menace aujourd’hui toute pensée dissidente.

Le problème, dans le débat sur l’écologie, c’est qu’il est très difficile de se faire une opinion. Les jours de grande lucidité, je dois même m’avouer que je n’y comprends goutte. Les chiffres pleuvent, les unités de mesure s’accumulent, les mots compliqués surabondent, les données scientifiques s’empilent dans ma pauvre tête et dans celle de bien des citoyens qui devraient être tout à la fois techniciens du nucléaire, chimistes, météorologues, biologistes, océanologues et cultivateurs. On risque donc de juger selon des impressions, et de tenir pour véridique tel argument qui a été cent fois lu et entendu – en oubliant que l’art de la propagande est de répéter le même mensonge jusqu’à ce qu’il soit tenu pour vrai.

Comment s’y retrouver ? Les arguments des écologistes (ou se disant tels) étant connus, il importe d’écoute ceux qui leur répliquent en présentant des garanties de sérieux. Parmi eux, Pierre Kolher qui dénonce l’imposture verte dans un livre (1) nourri de ses enquêtes personnelles et appuyé sur de solides références scientifiques. Il ne s’agit donc pas d’un pamphlet, mais de l’ouvrage d’un homme excédé par les bêtises, les manœuvres et les mensonges de la propagande des Verts et qui a décidé de porter son attaque sur trois fronts.

D’abord, détruire les fausses évidences construites sur des illusions collectives, sources de frayeurs injustifiées. Par exemple, l’accident de Tchernobyl ne prouve pas le danger du nucléaire. Cette catastrophe est la conséquence directe du système soviétique et le signe de son agonie : décisions absurdes, règles de sécurité transgressées, personnel incapable. Quant au nuage radioactif qui serait passé sur la France sans qu’on prévienne les Français et qui serait responsable de cancers, c’est un faux scandale né d’un mensonge (les autorités ont immédiatement prévenu la population) et d’affirmations sans fondement car l’augmentation du nombre de cancers de la tyroïde en France est antérieure au passage du fameux nuage. Pierre Kolher rappelle par ailleurs qu’il n’y a eu aucun mort à Seveso (ne pas confondre avec Bohpal) et démontre que la plupart des villes d’Europe occidentale sont beaucoup moins polluées qu’il y a un demi-siècle. Les chapitres consacrés au trou d’ozone, au réchauffement de la terre et aux algues tueuses ébranleront les certitudes de plus d’un.

Notre écoloclaste serait-il un niais manipulé par les Russes, ou un agent stipendié des grands industriels ? Pierre Kolher montre au contraire que l’écologisme nous distrait des véritables menaces : la pollution dans les appartements est plus fort que dans les rues, l’industrie chimique fait plus de morts que le nucléaire, le tabac tue massivement, la drogue aussi, et on compte huit mille morts par an sur les routes de France.

Deuxième front : les organisations « vertes ». Le chapitre consacré à Greenpeace est particulièrement courageux car cette multinationale richissime est dirigée par des professionnels de l’agitation, de la propagande et de l’intimidation. Le rappel des bêtises proférées par les Verts français est édifiant et il n’est pas inutile de se souvenir que Noël Mamère, qui fit naguère de la propagande en faveur du nucléaire, fut condamné en l’an 2000 pour les propos diffamatoires tenus à l’encontre du professeur Pellerin, fondateur de l’organisme chargé de la prévention des risques industriels (SCPRI).

La troisième attaque est portée contre la gent médiatique, bavarde, ignorante, aveugle, qui accueille, diffuse et amplifie la propagande verte – commettent de surcroît d’innombrables mensonges par omission.

Cette triple offensive ne sera pas pardonnée à Pierre Kolher car ses démonstrations sont souvent implacables et mettent nommément en cause plusieurs maîtres de la Pensée Correcte. Selon la tactique habituelle, les Verts et leurs complices risque de lui opposer un silence de plomb. Incapable de juger l’ensemble des arguments de Pierre Kolher, je demande qu’on lui fasse une réponse sur le fond.

 

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  • Pierre Kohler, L’imposture verte, Albin Michel, 2002.

 

Article publié dans le numéro 804 de « Royaliste » – 25 novembre 2002