Comme toutes les luttes sociales qui se mènent actuellement en France, celle des travailleurs « sans papiers » mérite le soutien. Les irréguliers qui travaillent dans la restauration, le bâtiment, le nettoyage… ont raison de se révolter car ils victimes d’une aberration administrative (ils paient impôts et cotisations sociales) et, très souvent, de l’exploitation éhontée de patrons qui savent que cette catégorie d’employés ne peut pas protester. Mais il est maintenant démontré que la servitude individuelle s’efface dans l’action collective.

Il faut que ces salariés obtiennent leur régularisation, comme la réglementation française le permet. Mais il faut aussi se méfier de la soudaine bienveillance de patrons qui demandent la régularisation de personnes qu’ils employaient illégalement. Certains souhaitent sincèrement aider celles et ceux qu’ils emploient. Mais l’attitude de ces patrons solidaires serait encore plus admirable s’ils s’engageaient à ne pas payer leurs salariés au-dessous du salaire minimum et à rétribuer leurs heures supplémentaires – ce qui est loin d’être toujours le cas.

La solidarité ne se partage pas.

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Article publié dans le numéro 925 de « Royaliste » – 2008