Suicides de détenus, grèves de gardiens, confidences diverses : la dégradation des conditions de détention dans les prisons françaises est un fait connu depuis de nombreuses années. Il a fallu attendre le témoignage du médecin-chef de la Santé pour que ce que les hauts responsables nomment un « problème préoccupant ») soit dénoncé avec les mots qui conviennent : scandale, honte, horreur quotidienne dans laquelle sont plongés les prisonniers, les gardiens, les médecins.

La prison est faite pour priver de liberté les personnes reconnues coupables de graves méfaits. Telle est la peine, fixée en droit. Il n’est pas tolérable que s’y ajoutent les maladies dues au manque d’hygiène, les humiliations, les coups, les viols, la « torture blanche » de l’isolement – toutes les violences relatées par le docteur Véronique Vasseur dans un livre dont Le Monde a publié (le 14 janvier) un important extrait.

Il ne suffira pas de s’indigner et de dénoncer. En d’autres temps, la gauche aurait immédiatement lancé un appel à la mobilisation civique, prit l’initiative d’une pétition, organisé des manifestations.

On espère que les socialistes, les communistes et les Verts appelleront les citoyens à descendre dans la rue sans plus de délai.

On attend surtout que Madame le Garde des Sceaux annonce au plus tôt un programme national de réfection et d’humanisation des prisons. Si Elisabeth Guigou se contente d’effets d’annonce ou de demi-mesures, elle ne serait plus digne de rester en fonctions.

 

***

 

Article publié dans le numéro 742 de « Royaliste » – 24 janvier 2000