En mars, le Parlement chypriote avait bloqué le premier plan des eurocrates et évité une taxation générale des dépôts. Cette victoire n’évitera pas aux Chypriotes de subir les diktats de la Troïka mais elle reste dans les mémoires comme premier exemple d’une résistance possible.

En avril, c’est la Cour constitutionnelle du Portugal qui décide de rejeter plusieurs mesures budgétaires prévues par le plan d’austérité : la suppression du quatorzième mois de salaire versé aux fonctionnaires et un prélèvement sur les allocations de chômage et de maladie ont été jugés contraires à la Loi fondamentale. C’est une défaite pour la Troïka, qui souligne l’échec d’un plan de « sauvetage » qui a provoqué une récession de 1, 9% en 2012 et un taux de chômage de 17%.

Le gouvernement portugais se trouve pris au piège. S’il ne prend pas de nouvelles mesures d’austérité, il empruntera à des taux plus élevés et la dette publique s’alourdira. S’il impose à une population déjà appauvrie de nouveaux sacrifices, une nouvelle vague de colère s’abattra sur lui.

La sortie de l’euro lui permettrait d’échapper à cette contradiction redoutable.

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Article publié dans « Royaliste » – 2013