Sacré Laurent Fabius, toujours identique à lui-même : fin dans la tactique, impitoyable dans les luttes intestines (quand il est entouré de ses hommes de main), pusillanime dans la décision politique, dépourvu de toute conviction…

La menace d’un « non »  qu’il fait planer sur le referendum de 2005 est typique de son opportunisme consubstantiel. Et les conditions qu’il pose au président de la République en matière d’emplois et de délocalisations ne touchent pas au fond du débat, qui porte sur la nature, le contenu et la portée du « traité constitutionnel ».

Cela se voit comme un nez rouge sur une face de clown : Laurent Fabius veut se placer « à gauche » face à François Hollande dans la course présidentielle. Le reste n’est que basse littérature : lorsqu’il était ministre des Finances de Lionel Jospin, le camarade Fabius a accepté l’absurde contrainte du pacte de stabilité, entériné la privatisation de l’énergie décidée en 2002 à Barcelone et préparé le démembrement de l’Etat.

Il faudra que « Laurent » fasse preuve de beaucoup de patience, ou de ruse, pour nous convaincre qu’il a répudié son blairisme et qu’il a désormais le courage d’une ferme opinion.

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Article publié dans le numéro 843 de « Royaliste » – 2004