Frits Bolkestein n’est pas notre ami, mais celui de tous les ultralibéraux.

On sait que cet ancien commissaire européen a rédigé un projet de directive portant sur la libéralisation des services.

On sait aussi que cette circulaire pose le principe du « pays d’origine », selon lequel le prestataire de services est soumis à la seule loi de son pays, non à celle du pays où il travaille : c’est donc l’entrepreneur qui verse les plus bas salaires et qui vit dans un pays à faible protection sociale qui raflera les marchés dans de très nombreux domaines.

Résultat ? Encore et toujours plus de chômage.

Les ultralibéraux français se réjouissent discrètement (à cause du référendum) et les socialistes français s’insurgent : les anciens signataires des accords de Lisbonne et de Barcelone ne promettent-ils pas une « avancée » vers l’Europe sociale ?

Même s’ils sont sincères, François Hollande et ses amis avanceront tout seuls. Parce que l’ami Schröder est partisan de la directive Bolkestein et du principe du pays d’origine. Tout comme l’ami Blair. La partie est jouée. Des millions d’électeurs seront refaits.

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Article publié dans le numéro 855 de « Royaliste » – 2005