Au chef de l’Etat, nous demandons la grâce pour José Bové. Nous ne partageons pas toutes ses idées, nous ne participons pas à tous ces combats, mais il ne s’agit pas en l’occurrence de solidarité militante.

Un syndicaliste paysan est en prison. Les juges lui ont appliqué la loi pour un délit qu’il avait commis. Justice n’est pas faite, cependant. Aucun dirigeant de la FNSEA n’a été poursuivi pour les actions délictueuses, et parfois fort coûteuses, auxquelles il avait participé. Seul l’animateur de la Confédération paysanne a été frappé, avec une grande rigueur. Deux poids, deux mesures.

La raison de l’Etat est pleinement raisonnable lorsqu’elle opère dans le souci éminent de la justice qui se manifeste par le droit de grâce – transmis comme chacun sait de la monarchie royale au président de la République. L’extrême gauche attribuera à la nécessaire mobilisation populaire la libération de José Bové, parce qu’elle ne peut admettre le bon exercice de la souveraineté politique. Ce qui ne change rien à l’affaire : c’est en vertu d’un droit historique que le chef de l’Etat est appelé, en ultime recours, à rendre justice.

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Article publié dans le numéro 820 de « Royaliste » – 2003