Ce gouvernement, comme tant d’autres, veut rétablir la confiance. Soit. Mais la confiance, ça se mérite. Or que fait Thierry Breton ?

Il déclare dans un premier temps que la France ne peut plus vivre au-dessus de ses moyens, phrase accablante, mais pas au sens où il l’entend : ce qui nous accable, c’est la niaiserie de cette formule, étrangère à la science économique et financière.

Il présente dans un deuxième temps un budget en déficit, et annonce une dette publique de 1 100 milliards d’euros. Il continue donc à faire vivre la France au-dessus de ses moyens.

Il annonce dans un troisième temps que la dette publique est de 2 000 milliards d’euros car il a décidé de compter, selon la norme anglo-saxonne,  900 milliards de retraites à payer.

Ce coup d’éclat statistique constitue une tentative de mise en condition des citoyens, pour qu’ils acceptent les sacrifices qu’on a décidé de leur imposer. Grossière manipulation ! C’est le gouvernement qui est responsable du déficit – pas scandaleux mais très mal utilisé – et des prétendues erreurs de comptabilité. Le voici pris en flagrant délit d’abus de confiance.

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Article publié dans le numéro 871 de « Royaliste » – 2005