Surprenante, la défaite électorale de Slobodan Milosevic est un événement heureux. Elle permet d’envisager enfin ce que nous appelons depuis dix ans de nos vœux : l’affirmation d’une nation serbe démocratique et fédérative.

C’est sur cette nouvelle Serbie qu’il sera possible de faire fond pour renouer peu à peu les liens entre tous les peuples de l’ancienne Yougoslavie, violemment démembrée par les trois principaux seigneurs de la guerre.

Nous souhaitons que la France efface la lourde erreur qu’elle a commise en participant à la guerre d’agression de 1999, participe très activement à la réunion des peuples yougoslaves et à la constitution d’une Entente balkanique assurant la paix et la prospérité dans cette partie de l’Europe.

Pour cela, il faudrait que le gouvernement français soit capable de reprendre une initiative diplomatique indépendante, de s’opposer nettement au néo-colonialisme américain, de prendre ses distances à l’égard du moralisme sélectif de certains partenaires européens et des appels à la vengeance de quelques intellectuels parisiens.

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Article publié dans le numéro 757 de « Royaliste » – 18 octobre 2000