Parmi les principaux naufrageurs de la 5ème République, voici le premier naufragé : le Premier ministre en personne.

Naufrage du rigoriste supposé : celui qui a bâti sa réputation sur une image d’honnêteté apparaît comme un menteur confirmé, qui a trompé ses électeurs en transformant sa rhétorique socialiste en un ultralibéralisme pratique.

Naufrage du moralisateur autoproclamé : la « gestion » de la question corse s’est faite par tractations secrètes et Le Canard Enchaîné a récemment révélé que Lionel Jospin avait berné ses ministres, tous opposés au transfert de pouvoirs législatifs à l’Assemblée de Corse, en concédant à MM. Rossi et Talamoni ce qu’il était censé leur refuser.

Naufrage du manœuvrier : l’échec cinglant d’André Rossi à l’élection municipale partielle d’Ajaccio compromet l’avenir politique du principal soutien de Lionel Jospin sur l’île, et le succès d’un plan dont les principales dispositions sont manifestement anticonstitutionnelles.

Naufrage du chef d’une équipe ministérielle qui se défait au fil des démissions forcées ou volontaires, des exclusions, des départs anticipés, des échecs patents – et de la marée montante des scandales.

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Article publié dans le numéro 756 de « Royaliste » – 2 octobre 2000