AVIS

Quant au projet de loi sur la Corse, le Conseil d’Etat a rendu un avis négatif. Le gouvernement a choisi de passer outre. C’est son droit.

Mais cet avis revêt une haute signification. Le Conseil d’Etat n’apprécie pas selon l’opportunité politique mais selon les principes du droit. Or le texte élaboré par Matignon et par certains élus de l’Assemblée de Corse contredit manifestement nos principes fondamentaux. Puisque le français est la langue de la République, il ne peut y avoir obligation d’apprendre le corse à l’école. Et le principe d’égalité empêche que des collectivités territoriales votent des lois « particulières » qui contredisent la généralité même de la loi, votée par la représentation nationale.

Ces évidences sont telles que le Conseil Constitutionnel ne pourra manquer d’annuler les dispositions qui convenaient aux nationalistes. Lionel Jospin ne pouvait ignorer qu’il courait à l’échec. Dès lors, pourquoi cette comédie de la concertation, sinon pour gagner du temps et régler cette question après 2002 ? Mais c’est à brefs délais qu’il va provoquer la déception et la fureur de ceux qui lui ont fait confiance. Si le terrorisme flambe de plus belle, si le sang coule, c’est Lionel Jospin qui en portera la responsabilité politique.

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Article publié dans le numéro 766 de « Royaliste » – 19 février 2001