Qu’ils soient de la vieille école ou de la nouvelle, les capitaines d’industrie n’ont d’autre religion que celle des chiffres. Et comme ils se sentent à l’aise depuis que le profit a été « restauré » !

Certains patrons se trompent cependant lorsqu’ils estiment que cette restauration se suffit à elle-même, et que les valeurs de l’entreprise ne sauraient être discutées. Ainsi Jacques Calvet s’est étonné que la révolte puisse naître d’une comparaison entre la masse croissante des bénéfices (8 ,8 milliards en 1988) et le maigre montant de certaines feuilles de paie (parfois à peine plus de 4 000 F. par mois). C’est faire semblant d’oublier que, hors les discours sur la culture d’entreprise, le capitalisme n’a rien d’autre à offrir qu’un salaire en contrepartie du travail effectué. Telle est la théorie, et la pratique.

A exiger que les ouvriers respectent l’entreprise sans qu’ils se sentent respectés. Calvet et ses émules épuiseront vite le crédit dont ils bénéficient depuis quelques années.

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Article publié dans le numéro 521 de « Royaliste » – 1er octobre 1989