Depuis vingt ans, les musulmans de France tentaient de s’organiser avec le concours de l’Etat. Grâce à l’intervention décisive de Nicolas Sarkozy, un conseil représentatif a enfin vu le jour.

Les problèmes posés par la pratique de la religion musulmane sur le territoire national sont simples, mais la mise en œuvre de la solution institutionnelle a été complexe.

Nous sommes dans le cadre d’un Etat laïc, neutre quant aux croyances et aux rites, mais qui doit tenir compte de l’histoire religieuse de la nation et qui a besoin d’interlocuteur représentatifs. Lorsque les différentes religions sont constituées en églises ou en communautés religieuses structurées (judaïsme, catholicisme, orthodoxie, protestantisme) la question est résolue depuis longtemps.

L’islam en France n’est certes pas une nouveauté, comme certains affectent de le croire, mais cette religion ne disposait pas d’institution représentative et les inconvénients de cette situation étaient soulignés  depuis une vingtaine d’années.

A droite comme à gauche, on s’inquiétait de voir des groupuscules confisquer la parole musulmane et la transformer en slogans extrémistes sous l’œil des caméras. On s’inquiétait aussi de l’influence idéologique et financière des Saoudiens et on souhaitait, comme la grande majorité des musulmans français ou résidant en France, que la religion islamique se dote d’une organisation représentative et autonome sur tous les plans.

La question était donc bien posée, en termes politiques et dans le cadre national. Pierre Joxe, Charles Pasqua et Jean-Pierre Chevènement ont tenté de la résoudre, en concertation avec les diverses organisations et personnalités musulmanes. Ils n’y sont pas parvenus. Nicolas Sarkozy est intervenu à son tour, avec le même souci que ses prédécesseurs, mais cette fois avec succès.

Aux termes de discussions longues et parfois vives, un accord a été trouvé le 20 décembre dernier au château de Nainville-les-Roches. Un Conseil français du culte musulman (CFCM) a été créé. Il est présidé par Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, les deux postes de vice-présidents ont été attribués à Fouad Alaoui, secrétaire général de l’UOIF (Union des musulmans islamiques de France) et à Mohamed Béchari, président de la FNMF (Fédération nationale des Musulmans de France) ; le secrétariat général du Conseil sera assuré par un représentant du Comité de coordination des musulmans turcs de France. Le Conseil aura pour première tâche d’organiser des élections, qui sont prévues pour le printemps prochain.

Nous nous réjouissons de cet accord équilibré et nous adressons nos respectueuses félicitations à Son Excellence Dalil Boubakeur ainsi qu’à Soheib Bencheikh, mufti de Marseille, qui siège au bureau du Conseil comme personnalité qualifiée et que nous avons reçu dans nos locaux parisiens pour deux conférences reprises pour l’essentiel dans les colonnes de Royaliste.

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Article publié dans le numéro 807 de « Royaliste » – 6 janvier 2003