La police française n’a pas eu à se mobiliser pour faire respecter l’interdiction de toute manifestation en faveur de l’Irak. Et cette mesure d’ordre public n’a pas été décidée pour parer un réel danger. Une simple mise au point, justifiée par la conjoncture. Rien de plus.

Pourquoi souligner cette tranquillité ? Tout simplement parce qu’on nous a dit – devinez qui – que les immigrés deviendraient des fauteurs de désordre en cas de conflit entre la France et un pays arabe. Or, dans les populations les plus concernées, pas la moindre agitation ni le plus petit frémissement : les pro-irakiens actifs, comme les fondamentalistes pro-iraniens, restent à l’état d’infimes minorités sans aucune audience.

Déjà, en 1940, la propagande qui dénonçait les immigrés italiens comme autant d’agents de Mussolini n’avait pas résisté à l’épreuve des faits. Dans les années trente, les italophiles étaient des Français « pure souche » au patriotisme bruyant, comme certains irakophiles aujourd’hui.

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Article publié dans le numéro 542 de « Royaliste » – 24 septembre 1990.