Dans l’excellent ouvrage qu’il a consacré à la politique étrangère, Régis Debray nous prévenait, il y a quelques années, qu’il nous faudrait réapprendre notre géographie.

Nous y voici. Des Arméniens d’Union soviétique aux Hongrois de Transylvanie, de l’Estonie à la Serbie et au Kosovo, le monde est secoué par des mouvements de reconquête de l’autonomie perdue et de l’identité menacée. Dans des circonstances et selon des stratégies diverses, ces mouvements remettent en question l’unité des nations et la stabilité des empires.

Avis est donné aux européens, et notamment aux hommes politiques qui discourent sur l’intégration : le monde ne marche pas vers l’unité, ni vers l’uniformité, mais tend à l’affirmation de droits à la différence qui n’auront pas le charme qu’on prêtait naguère à de telles revendications. Au lieu d’attendre une confrontation subite, il serait bon de songer aux moyens de les accueillir.

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Article publié dans le numéro 504 de « Royaliste » – 8 décembre 1988