La désignation d’Alain Lipietz comme candidat à la présidentielle a porté à son paroxysme la crise des Verts. Elle ne tient pas seulement à un personnage irresponsable et incontrôlable, mais à un dangereuse confusion des rôles.

Soucieux comme tout un chacun de l’environnement, nous avons toujours été hostiles au parti des Verts. Ceci par simple logique : un groupe de pression, censé défendre un domaine particulier, ne peut avoir le souci de l’intérêt général. Il est donc inconséquent que ce groupe de pression interviennent sur tous les sujets politiques : hors de la compétence qu’il s’est attribuée, ses interventions sont nécessairement dictées par des soucis tactiques et par des idéologies de raccroc – le pacifisme par exemple. D’où de dangereuses errances. Par exemple celle de René Dumont, « père » de l’idéologie française, qui collabora activement à la presse officielle de la France occupée.

La confusion qui règne chez les Verts depuis la désignation d’Alain Lipietz comme candidat à l’élection présidentielle est une illustration particulièrement frappante du désordre intellectuel et politique qui a toujours caractérisé ce groupe et qui explique un amusant paradoxe : ceux qui voulaient renouveler la vie politique française donnent depuis leur création l’image la plus caricaturale qui soit des partis et mouvements politiques : jeux d’appareils exposant les observateurs à la crise de nerfs, médiatisation inouïe des haines et des rivalités personnelles, roides ambitions qui, depuis 1997, ont conduit les Verts à devenir les otages complaisants de Lionel Jospin. Dernière preuve : le rejet de l’écotaxe par le Premier ministre, signe de parfait mépris à l’égard du nouveau ministre vert qui a avalé cette nouvelle couleuvre avec un appétit digne de celui de Dominique Voynet.

Il est curieux de constater que c’est Alain Lipietz, seul économiste sérieux du groupe et militant politique cohérent avec lui-même, qui porte le désordre à son paroxysme. Sa prise de position sur une amnistie des indépendantistes corses étendue aux crimes de sang est à tous égards irresponsable. Ses excuses ont été piteuses et nous savons maintenant qu’elles incluaient un gros mensonge. Alors que le candidat Vert déclarait (Le Monde, 4/09) qu’il condamnait la violence armée en Corse et proclamait, quant aux OGM, la légitimité d’une « forme de non-violence de type « gandhiste », on apprenait trois jours plus tard que le doux personnage aurait participé en 1989 à l’élaboration du programme économique du FLNC – ce qui ne serait pas surprenant car on retrouve dans les propos du candidat vert bien des thèmes propres aux indépendantistes corses.

Mais à quoi bon s’indigner ? Les Verts sont en proie à des convulsions mortelles et leur rôle politique est toujours plus insignifiant.

***

Article publié dans le numéro 777 de « Royaliste » – 17 septembre 2001