La privatisation de Gaz de France est un scandale : elle compromet, dans un secteur vital, la politique industrielle et la politique énergétique de la France – du moins ce qu’il en reste. Elle se traduira par des augmentations de prix pour toutes les catégories de consommateurs.

Comme si cela ne suffisait pas, il y a scandale dans le scandale : les représentants de la nation délibèrent sans connaître tous les éléments de la question puisque les recommandations de la Commission sont pour une part réservée à la lecture – seulement à la lecture – de quelques parlementaires et pour une autre part tenues secrètes.

La Commission et le gouvernement Villepin portent gravement atteinte à la souveraineté nationale, ils montrent le mépris dans lequel ils tiennent le peuple français. Les élus de la nation devraient par conséquent refuser l’examen du texte.

Ils ne le feront pas. Mais preuve est faite que le libéralisme économique fonctionne selon une logique étrangère à la souveraineté nationale, preuve est faite que la régulation bureaucratique du marché aboutit à la négation de la démocratie.

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Article publié dans le numéro 887 de « Royaliste » – 2006