La consultation du 18 juin fut celle des échecs cuisants. Echec pour l’Europe puisque, en France comme ailleurs, les opinions publiques se sentent peu concernées : telle est la conséquence des discours aberrants tenus sur le marché unique, dans le plus parfait mépris des réalités et des enjeux européens. Echec pour Fabius, qui n’avait pas su ou pas voulu imposer à ! ‘appareil socialiste une liste de majorité présidentielle, et pour le Parti socialiste prisonnier de ses luttes de courants. Echec pour les rénovateurs de la droite et pour le P.C… Echec relatif de Giscard, puisque ses députés seront moins nombreux qu’avant, et qu’il ne pourra présider l’Assemblée de Strasbourg.

Au total, échec de la classe politique traditionnelle face à ceux qui, de Waechter à Le Pen, revendiquent d’une manière ou d’une autre une forte identité. Si la classe politique ne comprend pas que cette question de l’identité est aujourd’hui au cœur du souci politique, elle fera courir à elle-même et au pays de sérieux dangers.

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Article publié dans le numéro 518 de « Royaliste » – 28 juin 1989