Pour la journée internationale des femmes, le 8 mars, le gouvernement a fait des efforts remarqués. Accueil à Matignon du collectif « Ni putes, ni soumises », déjeuner chez Nicolas Sarkozy de femmes fonctionnaires, visite de la déléguée à l’égalité professionnelle aux infirmières de Bichat.

Communication impeccable, donc, avec, en prime, des propositions ciblées de l’UMP sur la vie familiale, les violences conjugales, la précarité. Message subliminal : la droite fait aussi bien que la gauche et s’occupe drôlement bien des femmes « d’en bas ».

Aussi bien dans la culture des bons sentiments, en effet. D’où le rappel qu’il faut adresser aux cœurs saisis de sollicitude. Le code du Travail (article L140-2, loi n° 83-635 du 13 juillet 1983) stipule que « Tout employeur est tenu d’assurer, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes ».

Pourtant, dans le secteur privé et semi-public, le salaire net moyen des femmes travaillant à temps complet reste en gros inférieur de 20% à celui des hommes. Qu’on respecte la loi votée il y a vingt ans, au lieu de bavarder. Et qu’on applique le principe d’égalité à l’ensemble des conditions de travail (nature des emplois et hiérarchie professionnelle).

Bien entendu, on ne le fera pas et on continuera de communiquer sur Les Femmes. Sans voir que, sur un écran de télévision, le visage en larmes d’une ouvrière licenciée détruit en quelques secondes le sympathique message des hautes classes de droite et de gauche.

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Article publié dans le numéro 812 de « Royaliste » – 17 mars 2003