Sous couvert d’écologie, voici que pointe la propagande pacifiste. Les Verts français vont-ils suivre la voie de leurs camarades allemands ?

Dans un récent numéro, nous disions que M. Waechter et ses amis étaient placés devant une alternative : ou bien demeurer écologistes et s’assigner comme objectif la défense de l’environnement ; ou bien se transformer en véritable parti intervenant dans tous les domaines. Quant à cette seconde possibilité, nous nous demandions si les Verts français suivraient l’exemple de leurs homologues allemands et reprendraient leurs thèmes dans le domaine de la défense.

C’est sur cette pente dangereuse que les Verts sont en train de s’engager puisqu’ils ont récemment décidé de soutenir une campagne du Mouvement pour une Alternative Non violente (MAN) sur les dépenses militaires. Les Verts estiment en effet qu’il « convient de réexaminer la menace soviétique et (de) redéfinir les choix stratégiques sur lesquels repose notre défense ». Contestant le fait que la France « continue à participer à la course technologique aux armements », ils réclament l’abandon des programmes qui concernent le missile Hadès, le char Leclerc et l’avion Rafale. Les Verts précisent que ces abandons ne porteraient pas atteinte à la sécurité du pays et favoriseraient la construction de la paix en Europe (1). Ces positions appellent deux remarques :

– Il n’est certes pas interdit de s’interroger sur la pertinence des programmes militaires, ni inconvenant de préconiser des économies sur la fabrication de matériels inutiles. Encore faut-il se prononcer en fonction de la stratégie de dissuasion nucléaire. Tel n’est pas le cas des Verts qui dénoncent à la fois le nucléaire militaire et le nucléaire civil.

– L’adhésion à la campagne du MAN laisse supposer l’adhésion à une stratégie de défense civile, notoirement inefficace et absurde puisqu’elle implique que l’ennemi ait déjà envahi le territoire. Sous couvert d’écologie, les Verts semblent vouloir entraîner leurs sympathisants et leurs électeurs sur la voie du pacifisme et du neutralisme qui, s’ils se développaient, favoriseraient les objectifs diplomatiques de l’Union soviétique. Il ne suffit pas de se déclarer ni à droite ni à gauche pour prouver la pureté de ses intentions.

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(1) Vert-Contact, n°107, 29 avril-5 mai 1989

Article publié dans le numéro 516 de « Royaliste » – 29 mai 1989