Dans la classe politique, une formule fait florès : il faut que l’Etat se concentre sur ses pouvoirs régaliens ! Etrange injonction puisque le régalien (du latin regalis, royal) est ce qui appartient en propre à la royauté.

La formule annoncerait-elle que des réactionnaires se seraient emparés de l’Elysée-Matignon ? C’est au contraire le cri de guerre des « modernistes » ultra-libéraux.

La  monarchie capétienne n’a jamais défini une fois pour toutes l’étendue de son pouvoir souverain, qui a beaucoup varié selon les enjeux et les époques. Dans le discours dominant, la référence au régalien signifie qu’on veut réduire au minimum les tâches de l’Etat : des militaires, des policiers, des juges, voilà ce qui est nécessaire au maintien de l’ordre libéral.

Ce faisant, les ultra-libéraux voudraient nous faire oublier deux impératifs qui sont inscrits dans la Constitution de 1958 : la justice sociale, par l’arbitrage du chef de l’Etat, l’indépendance nationale dont le président de la République est le garant. Que les partisans du régalien commencent par respecter les principes qui fondent, en France, la souveraineté politique.

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Article publié dans le numéro 804 de « Royaliste » – 2002