On nous avait affirmé que la « parité » hommes-femmes était parfaitement spécifique et que sa reconnaissance ne provoquerait aucune dérive. Or voici que la télévision publique veut refléter la « diversité des origines ».

Le cas de figure est connu : un groupe minuscule fait le siège de telle ou telle autorité politique ou administrative jusqu’à ce que ses représentants soient reçus, reconnus puis, par complaisance ou lassitude, vaguement encouragés. On crée une mission d’enquête, puis un observatoire, et tout cela finit par un texte de loi. Il importe peu que celui-ci contredise les principes mêmes de notre droit si la cause a été déclarée « moderne ».

Ce processus, qui a aboutit à la « parité » contraire à notre principe représentatif, est en train de se reproduire sur le plan de la présence de certains groupes dans les médias. Après la représentation selon le sexe, voici que s’annonce une représentation ethnique qui ne dit pas son nom.

L’affaire a été montée par Calixte Belaya, animatrice d’un « Collectif Egalité » destiné à promouvoir une prétendue « communauté noire » à la télévision. Reçue par Hervé Bourges, président du CSA, elle avait obtenu la réalisation d’une étude sur la « présence de minorités visibles, d’origine non européenne » à la télévision. Cette étude a « révélé » que les Noirs, les Maghrébins et les Asiatiques étaient sous-représentés dans tous les types d’émission.

D’où, le 20 mai, une « marche des peuples noirs de France » à Paris, et la publication le même jour d’une pleine page du Monde sur le sujet : on y apprend notamment que Catherine Tasca a rédigé un projet de décret modifiant le cahier des charges de la télévision publique dans le souci des « valeurs d’intégration » républicaines (bien sûr !) et afin que l’offre de programme « témoigne de la richesse et de la diversité des origines et des cultures constitutives de la société française ».

Alors que la République ne reconnaît pas de minorités en France, mais seulement des citoyens, on projette de faire place à des minorités ethniques. Contraire à notre droit, cette idée démente est lourde de conflits. Qu’est-ce qu’une minorité ? Pourquoi s’en tenir à la couleur de peau ? Pourquoi la télévision n’aurait-elle pas ses quotas de Juifs, de Gitans, de Polonais, de Serbes, de Croates – français, immigrés, issus de l’immigration ? Pourquoi exclure les minorités politiques et l’expression des cultures religieuses ? En quoi le fait d’être un beau brun comme Rachid Arab peut-il garantir la qualité de l’information sur France 2 ? Et si une minorité était en excédent, faudrait-il procéder à des exclusions professionnelles sur la base d’un numerus clausus comme à l’égard des Juifs pendant cette période de collaboration si familière à Angelo Tasca, père de madame le ministre de la Culture ?

Il faut que le Premier ministre arrête immédiatement cet engrenage qui nous conduit vers un racisme à l’américaine.

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Article publié dans le numéro 751 de « Royaliste » – 29 mai 2000