Dominique Strauss-Kahn est directeur général du Fonds monétaire international. Nicolas Sarkozy, qui avait désigné cet étrange socialiste comme candidat, se réjouit bruyamment de cette élection.

Il a tort.

Ne nous rendons pas complices d’une illusion qui pourrait se doubler d’une réelle imprudence.

L’illusion, classique, est de considérer que la présence d’un Français à la tête d’un organisme international est un avantage pour la France. Tel n’est pas le cas : à la direction du FMI, Michel Camdessus fut le serviteur zélé d’une gestion criminelle. Pascal Lamy, à la tête de l’Organisation Mondiale du Commerce, se compte lui aussi en idéologue du libre-échange. Et Jean-Claude Trichet,  à la BCE, défend fanatiquement une ligne désastreuse – pour la France singulièrement.

L’imprudence consistait à placer à la tête d’une institution internationale un homme qui a alimenté la chronique judiciaire et dont la réputation est pour le moins douteuse. La fragilité de Dominique Strauss-Kahn réjouit les Américains, qui auront facilement barre sur le directeur général du FMI et qui pourraient discréditer les Français, s’ils en éprouvent un jour la nécessité.

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Article publié dans le numéro 911 de « Royaliste » – 2007