Le bilan est provisoire, et les estimations sont faites par diverses associations privées : les bombardements anglo-américains en Afghanistan auraient fait un millier de victimes civiles – sans compter les centaines de prisonniers massacrés et toutes les personnes mortes de froid et de faim à cause de la guerre.

Mille victimes civiles, c’est le tiers des victimes, elles aussi innocentes, qui ont péri dans les attentats du 11 septembre à New York. Alors que le verbiage compassionnel tient lieu de morale, les dirigeants américains, leurs associés européens et les grandes consciences médiatiques n’ont consacré ni le tiers, ni le quart de leur temps d’apitoiement au sort des tués afghans : rien à l’heure où nous écrivons, peut-être quelques mots de regrets en fin de discours triomphal si d’autres voix se mêlent à la nôtre pour souligner l’indifférence des vainqueurs aux « dommages collatéraux » commis par leurs bombes et leurs fusées.

En septembre, les victimes des terroristes avaient eu droit à trois minutes de silence. Pour le principe, nous demandons une minute de silence aux Etats-Unis et dans l’Europe des Quinze pour les victimes civiles de la guerre en Afghanistan.

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Article publié dans le numéro 784 de « Royaliste » – 2001