Après la nomination de M. Dermouche au poste de préfet du Jura, des groupes divers réclament, pour de prétendues communautés « issues de l’immigration », des faveurs de la part de l’Etat.

Nous aimerions bien que quelqu’un, quelque part, en haut lieu, soit assez aimable pour répondre à quatre questions :

1°/ Le président de la République ayant condamné à juste titre la « discrimination positive » préconisée par le ministre de l’Intérieur, comment se fait-il que le chef de l’Etat ait accepté la nomination d’un fonctionnaire présenté comme « préfet issu de l’immigration » ?

2°/ Par quel raisonnement juridique les autorités politiques justifient-elles une discrimination positive contraire à l’article premier de la Constitution de la 5ème République qui stipule que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion » ?

3°/ Le nouveau préfet ayant été visé par un attentat avant même qu’il ne prenne ses fonction, pourquoi ne pas franchement reconnaître que toute «discrimination positive » risque de se retourner en une discrimination négative et manifestement dangereuse ?

4°/ Quels arguments juridiques et politiques seront opposés aux groupes qui réclament un traitement de faveur en raison de leur origine étrangère, de la couleur de leur peau et (ou) de leur religion ?

Le fait est que nous sommes entrés depuis plusieurs années dans une logique de discrimination en tous points contraires aux principes de notre Etat de droit.

On a commencé par attribuer des portefeuilles ministériels à des personnalités politiques qui étaient choisies en raison de leur sexe, de leur région d’origine, de leur couleur, de leur religion supposée.

On a ensuite institué légalement la parité entre les hommes et les femmes, en assurant que le statut de la femme était un cas absolument spécifique qui n’ouvrirait à aucun privilège pour des minorités.

La nomination d’un « préfet issu de l’immigration », désigné désormais comme préfet musulman », provoque comme il fallait s’y attendre des revendications explicites : des « Noirs de France » ont publié le 15 janvier un communiqué dans lequel ils « estiment que la valeur d’universalisation qui est attribuée, en matière d’intégration, à l’immigration en provenance des pays du Maghreb (notamment algérienne), dans les discours et les actes officiels, concourt à passer durablement sous silence les migrations en provenance d’Afrique noire et des DOM-TOM.» On remarquera que dans ce texte, comme dans d’autres communiqués, nos concitoyens des départements et des territoires d’outre-mer sont considérés comme des immigrés. Allons-nous vers la définition de quotas, pour qui, et selon quelles pondérations ?

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Article publié dans le numéro 831 de « Royaliste“ – 2 février 2004