Qu’on ne vienne pas nous dire que les temps sont durs et qu’il va falloir être courageux ! Le courage est une qualité personnelle, qui s’accomplit dans l’instant, à la suite d’une décision que l’on prend pour soi-même face à un risque possible ou à un danger déjà là.

Ce que nous demandent les adeptes de la rigueur, ce n’est pas le courage de l’acte. Ils veulent que nous acceptions les contraintes qu’ils ont eux-mêmes décidées. Ils veulent donner une signification morale au sacrifice du salaire, de l’emploi, de la santé sur l’autel du libre échange et de la banque insolvable.

D’ordinaire, les rigoristes se posent en modèle et invoquent les « mesures courageuses» qu’ils ont prises au nom du « réalisme ». Et les commentateurs serviles célèbrent inévitablement les « accents churchilliens » en oubliant que Winston Churchill risquait effectivement sa vie.

Ce moralisme manipulateur n’est pas acceptable. Le courage, pour les dirigeants français, c’est d’affronter le gouvernement allemand jusqu’à ce qu’il renonce à la politique suicidaire qu’il veut nous imposer.

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Article publié dans le numéro 1013 de « Royaliste » – 2012