Une campagne électorale, c’est l’occasion d’un grand débat. L’élection présidentielle, c’est un moment crucial. Des élections législatives, c’est la possibilité de choisir entre plusieurs programmes de gouvernement.

C’est du moins ce que croyons, naïfs que nous sommes ! Il en est autrement dans la modernité. Tout va plus vite et  quelques uns prennent les décisions avant de les mettre en discussion. Tout est de plus en plus compliqué et quelques experts simplifient les questions en les remplaçant par des directives péremptoires. Tout risque de donner matière à conflit et il est préférable de nous offrir un consensus en bonne et due forme.

Exemple ? « A Barcelone, ils ont signé la fin des préretraites, la mise en place des fonds de pension et le recul des cinq années de l’âge moyen de cessation d’activité », écrit Marc Blondel. Les citoyens n’en ont pas débattu, les salariés seront mis devant le fait accompli. Il leur reste le droit de conclure que l’ultralibéralisme est le contraire de la démocratie. Et le pouvoir de faire sortir des urnes un homme d’Etat qui ne se moquera pas du monde.

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Article publié dans le numéro 791 de « Royaliste » – 2002