Philippe Robrieux est mort le 1er octobre. Ancien secrétaire de l’Union des Etudiants communistes de 1959 à 1961, il avait rompu avec le Parti en 1968 mais avait longtemps gardé sa conviction marxiste et consacré sa vie d’historien à l’étude du communisme français.

Sa biographie de Maurice Thorez nous avait passionné et nous avions accueilli avec sympathie l’évocation de son passé militant telle qu’il la raconte dans «Notre Génération communiste ». Nous avions fait sa connaissance lorsqu’il commença de publier sa monumentale « Histoire intérieure du Parti communiste ».

Lorsque Philippe Robrieux présentait ses ouvrages aux Mercredis de la NAR, la conférence se poursuivait lors du dîner puis très tard dans la soirée. Nos questions étaient nombreuses. Il était intarissable. Ses déclarations enflammées sur la révolution mondiale et sur la dictature du prolétariat nous laissaient sceptiques mais nous l’admirions trop pour engager une véritable polémique. Avec Roger Pannequin, autre ancien du Parti, autre marxiste résolu, comme avec Philippe Robrieux, il y avait une fraternité qui tenait, par delà les oppositions, à une conception exigeante de la politique.

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Maurice Thorez. Vie secrète et vie publique, Fayard, 1975.

Notre Génération communiste (1953-1968), Robert Laffont, 1977.

Histoire intérieure du Parti communiste, 4 tomes, Fayard, 1980-1984.

 

Article publié dans le numéro 977 de « Royaliste » – 2010.