Le séisme qui a tué 50 000 Pakistanais et plongé les survivants dans une extrême détresse est un « cauchemar logistique », une catastrophe « pire que le tsunami » : c’est en ces termes que le coordinateur de l’aide d’urgence des Nations Unies a lancé quinze jours après le tremblement de terre du 8 octobre, un appel d’autant plus pressant que « le monde ne répond pas comme il le devrait ».

De fait, alors que le raz-de-marée qui avait ravagé les côtes de l’Asie du sud, en décembre dernier, avait suscité une formidable mobilisation médiatique et un extraordinaire afflux de dons, la tragédie qui frappe le Pakistan n’a pas provoqué, en Occident, un élan de solidarité à la mesure de la catastrophe.

Une fois de plus, la compassion médiatique obéit à des normes inconnues du grand public et l’aide humanitaire privée est une loterie, non le signe d’une fraternité effective.

Il est inutile de demander aux gens de médias de s’expliquer sur l’arbitraire de leurs jugements  : ils s’y refuseront. La charité, comme le reste, n’est à leurs yeux qu’un marché. Manifestement, la souffrance pakistanaise n’est pas rentable.

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Article publié dans le numéro 868 de « Royaliste » – 2005