Depuis 1996, une directive bruxelloise autorise le « détachement temporaire de travailleurs » entre Etats-membres de l’Union européenne. Ce qui permet une exploitation éhontée de la main d’œuvre ouvrière. Pourquoi ?

Parce que les cotisations patronales pour le travailleur détaché continuent d’être payées dans son pays d’origine. Or leur montant est très différent selon qu’on est en France (38,9%), en Espagne (24,6%) ou en Pologne (18,3%). Il suffit de créer une entreprise de sous-traitance dans les pays les plus compétitifs et de puiser dans les bataillons locaux de chômeurs. Comme les employeurs français omettent parfois (souvent ?) de respecter les garanties minimales légalement assurées aux travailleurs étrangers (salaire minimum, horaires) on trouve des esclaves à 200 ou 300 euros mensuels qui travaillent sans même bénéficier des règles de sécurité.

Selon un rapport parlementaire, 435 000 détachés étaient employés en France en 2011. Le ministre du Travail assure qu’il milite pour la révision de la directive, qui a été reportée sine die. C’est l’ensemble du système antisocial européen qu’il faut faire exploser.

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Article publier dans « Royaliste » – 2013