Toujours ravie de se voir si belle (si intègre, si intelligente, si populaire) en son miroir, la direction socialiste a commis en deux jours un double abus de confiance.

Vendredi 16 avril. Dans Les Echos, Laurent Fabius, futur candidat à l’élection présidentielle, se prononce pour la « réindustrie ». Ainsi, l’ancien ministre de l’Economie de Lionel Jospin, co-responsable des privatisations et de l’abandon de toute politique industrielle, annonce qu’il refera ce qu’il a défait. Tant que Laurent Fabius n’aura pas fait son autocritique et publié un programme cohérent de nationalisations, nous dirons que cet homme qui a tout trahi continue à nous tromper.

Samedi 17 avril. Le Conseil national du Parti socialiste se prononce pour une « Europe sociale » et une « Europe politique ». C’est se moquer du monde : quand ils étaient au pouvoir, les socialistes français ont eu l’occasion de créer, avec leurs partenaires sociaux-démocrates, l’Europe dont ils disent rêver. Or ils ont entériné lors des sommets de Lisbonne et de Barcelone les orientations ultra-libérales qu’ils contestent aujourd’hui. Qui croira ces renégats ?

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Article publié dans le numéro 837 de « Royaliste » – 2004