Dix jours seulement après le sommet de Maastricht, l’Allemagne a pris plusieurs décisions qui montrent que la construction européenne ne signifie pas la fusion des nations ni même la confusion de leurs intérêts.

Politique industrielle commune ?  L’Allemagne est rien moins qu’enthousiaste, quant à l’adoption d’une norme européenne de télévision.

Politique monétaire commune ? La Bundesbank a décidé de relever ses taux d’intérêts, sans se soucier des difficultés économiques qu’elle provoque ainsi chez ses voisins européens.

Diplomatie commune ? L’Allemagne a décidé de reconnaître unilatéralement la Slovénie et la Croatie sans tenir compte du calendrier prévu par les ministres des Affaires étrangères de la CEE ni, surtout, des conditions préalables à une telle reconnaissance. Une volonté de puissance est à l’œuvre, que la Communauté européenne devrait pouvoir contenir. Les décisions allemandes de la fin décembre montrent que ce souhait est loin d’être réalisé.

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Article publié dans le numéro 570 de « Royaliste » – 30 décembre 1991