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Au terme d’une enquête longue et périlleuse, nous sommes en mesure de révéler le complot diabolique qui menace l’Etat et la nation.

Une fois de plus, l’extrême-droite s’est trompée : ce n’est pas « l’internationale juive » qui menace notre pays et la civilisation tout entière, mais une authentique société secrète dont le noir dessein est de s’emparer de l’appareil d’Etat, de contrôler les circuits économiques et de subvertir notre culture.

Avec une audace inouïe, un de nos enquêteurs a réussi à se procurer un document du 19ème siècle, intitulé Protocoles des Sages de Montboudif, qui expose le détail de cette opération, dont le lobby auvergnat est l’initiateur, l’agent et le bénéficiaire. Les prétendus Protocoles des Sages de Sion, qu’on croyait fabriqués par la police tsariste, sont d’ailleurs un texte de diversion concocté à la mairie d’Ambert et qui continue de faire illusion.

Depuis longtemps, nous avions la puce à l’oreille et le document qui est en notre possession permet de relier des faits indubitables. Qui, en effet, a contrôlé le marché du charbon, donc notre alimentation en énergie, pendant des décennies ? Les bougnats. Qui, aujourd’hui, possède des centaines de cafés qui sont à la fois des officines d’espionnage et des lieux où les bons Français sont méthodiquement alcoolisés ? Les Auvergnats.

A cet égard, qui n’a remarqué l’intense publicité faite en faveur de la Suze ? Dans le domaine politique, l’emprise auvergnate est aveuglante : Queuille fut le principal agent du lobby sous la Troisième et la Quatrième République, et les Sages de Montboudif obtinrent une victoire décisive lorsque Pompidou fut élu président de la République. Ils confirmèrent leur emprise avec Giscard d’Estaing et, après leur défaite de 1981, repartirent à l’assaut avec Chirac tout en plaçant leurs pions à gauche (Michel Charasse). A fa télévision, dans les affaires, dans l’armée, il suffit de chercher pour en trouver : leurs réseaux d’influence sont d’une efficacité redoutable.

Mais comment reconnaître un Auvergnat ? Autrefois, il y avait le chapeau à larges bords, la moustache tombante, l’accent chuintant. Maintenant, ils sont repérables à leur nom, les lieux de naissance donnent de précieuses indications, l’avarice est un trait de la race, et les études craniologiques démontrent que leur tête est plus petite que celle des vrais Français…

Moralité de cette histoire stupide : pour établir un complot, pour mettre en évidence le rôle d’une « internationale », il suffit de prendre n’importe quelle communauté ou société particulière, de lui attribuer des particularités physiques et morales et de lui prêter une volonté subversive. Il est ensuite facile de trouver des « preuves » surabondantes : comme il y a, dans tous les milieux, des francs-maçons, des Juifs, des Auvergnats, des Bretons, il suffit d’isoler un élément pour prouver la réalité du complot. La démence du procédé semblait manifeste. On ne dénoncera jamais assez ceux qui l’emploient à nouveau, en France et en Pologne, à l’encontre d’une communauté qui fut la principale victime de ce délire.

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Article publié dans le numéro 520 de « Royaliste » – 18 septembre 1989