Tous ensemble, derrière leurs syndicats réunis, les cheminots français ont massivement manifesté à Paris le 19 octobre contre les projets européens de « libéralisation » du trafic ferroviaire. En clair, il s’agit selon la Commission bruxelloise de privatiser les chemins de fer sur le modèle britannique.

Les cheminots français ont raison de se révolter. A l’encontre du dogme ultralibéral, l’expérience montre que le monopole n’empêche pas une entreprise publique d’être à la pointe de l’innovation. Et les catastrophes qui ont eu lieu en Grande-Bretagne (à Paddington en 1999, à Hatfield le 17 octobre dernier) démontre que la privatisation contredit l’impératif de sécurité et conduit à sacrifier la ponctualité et le confort aux objectifs de rentabilité.

Le ministre des Transports s’est engagé à défendre le service public. C’est une hypocrisie. Lors du sommet européen de Lisbonne, en mars dernier, les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé, entre autres, la libéralisation de l’ensemble du secteur des transports.

Pour bloquer le processus destructeur, il faut que les usagers de la SNCF soutiennent les cheminots français dans leur lutte salutaire.

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Article publié dans le numéro 758 de « Royaliste – 30 octobre 2000