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Voici quelques années, M. Gattaz, alors président du Patronat français, avait promis la création de quatre cent mille emplois en échange de la suppression de l’autorisation administrative de licenciement.

Le gouvernement de l’époque accepta le pari et, comme souvent, le CNPF oublia sa promesse. Rappeler comme l’État fut berné n’est pas inutile en ces temps de cadeaux donnés sans contrepartie. Surtout lorsqu’on a sous les yeux les conséquences concrètes des complaisances gouvernementales.

Ainsi, le patronat de choc a inventé le licenciement-minute qui a été récemment expérimenté avec une brutalité insigne par la direction de l’usine SKF de Saint-Cyr-sur-Loire puis par celle de l’usine Iveco de Bourbon-Lancry. Des centaines de travailleurs ont ainsi été renvoyés sans le moindre ménagement, mais dans le respect de la légalité et en toute impunité puisque les protestations syndicales et les réactions de la presse sont restées sans effet.

Que le patronat se méfie cependant : la révolte naît de l’injustice accumulée et éclate lorsque celle-ci devient intolérable. Point d’autre incertitude, aujourd’hui, que celle du jour et de l’heure.

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Article publié dans le numéro 602 de « Royaliste » – 31 mai 1993.