Notre longue, trop longue attente, est terminée. Voici le temps de l’engagement dans la campagne électorale.

Il avait été décidé le 11 novembre dernier par le Conseil national de notre mouvement. Il est devenu effectif après la rencontre, le 6 février, entre Jean-Pierre Chevènement et les deux représentants désignés par le Comité directeur.

Les malentendus qui avaient fait l’objet de notre précédent communiqué et qui nous avaient conduits à constater  une fin de non-recevoir ont été dissipés. Les modalités de la participation de notre mouvement à la campagne ont été rapidement précisées lors d’un entretien avec Max Gallo, président du Pôle républicain : Bertrand Renouvin a été convié au Bureau du Pôle républicain, Régine Judicis rejoindra le Comité d’orientation stratégique, les autres dirigeants, les délégués et les militants de la NAR participeront à la campagne au sein des comités de soutien au candidat.

C’est dire que toutes nos énergies sont désormais mobilisées pour le service d’une cause éminemment politique.

Le Comité directeur de la NAR est heureux d’entrer en campagne aux côtés de l’homme qui s’élève au-dessus du classique affrontement entre la droite et la gauche pour mener une politique de salut public. Il se réjouit tout particulièrement de retrouver, au sein du Pôle républicain, des amis gaullistes et communistes fidèles, comme les royalistes de la NAR, à l’idéal de la Résistance. Il apprécie de participer au rassemblement de toutes les familles politiques qui constituent le patriotisme français.

Ce que réalise Jean-Pierre Chevènement traduit un espoir très ancien et trop souvent déçu : la reconstitution, pour le salut de l’Etat et de la nation, du « parti des politiques » qui s’est réuni naguère, en des temps de malheur, autour de Henri IV, de Georges Clemenceau, du général de Gaulle.

L’engagement de la Nouvelle Action royaliste se situe dans la fidélité au défunt comte de Paris qui lui avait appris à s’inscrire dans la tradition millénaire des Capétiens et dans la modernité engendrée par la Révolution française : le respect des principes de 1789, l’esprit de Valmy, où combattit le futur Louis-Philippe, celui de la monarchie tricolore de Juillet 1830, la défense de l’œuvre institutionnelle et diplomatique du général de Gaulle, le service de la France et des Français, sans que la question du régime soit posée en préalable.

C’est aujourd’hui le même combat qui continue :

– pour défendre la République conçue comme souci de l’intérêt national, selon les exigences communes de liberté, d’égalité et de fraternité.

– pour rétablir les principes de la démocratie française, révoqués par la bureaucratie européiste et par les divers communautarismes.

– pour relever l’économie nationale et poser à nouveau les conditions politiques de la justice sociale.

– pour organiser à l’échelle du continent l’Europe confédérale, par l’association politique des Etats en vue du développement de toutes ses nations.

Ces principes et ces valeurs s’opposent à l’idéologie ultralibérale, à l’affairisme et à la spéculation boursière, aux illusions de la globalisation, à la volonté hégémonique des Etats-Unis, à la division de l’Europe en zones économiques séparant riches et pauvres, à la gestion d’une zone monétaire par un organisme dépourvu de toute légitimité démocratique.

Ces principes et ces valeurs sont contraires aux mœurs et aux pratiques de l’oligarchie. Les deux équipes chiraquienne et jospiniste qui rivalisent dans les joutes électorales ne se distinguent plus guère lorsqu’il s’agit de pratiquer, dans l’opacité et la corruption, une « gouvernance » qui contredit la définition même de l’action gouvernementale. Les deux rivaux se réclament d’une « droite » ou d’une « gauche » vidées de tout contenu puisque les idées qu’ils manipulent et les programmes qu’ils présentent sont l’alibi et le masque de leur volonté de puissance. L’un après l’autre, ils doivent être battus. En même temps que Jacques Chirac et Lionel Jospin, c’est l’oligarchie tout entière qui doit être défaite, afin que la reconstruction de la France et le développement de l’Europe puissent être entrepris.

L’action de Jean-Pierre Chevènement se situe dans cette perspective historique. Les objectifs qui nous sont communs sont de salut public. Ils tiendront les royalistes de la NAR mobilisés jusqu’à la victoire.

LE COMITE DIRECTEUR

 

Déclaration publiée dans le numéro 788 de « Royaliste » – 10 février 2002