La Nouvelle Action royaliste appelle à voter pour Jean-Pierre Chevènement.

Parce que c’est un homme d’Etat expérimenté qui s’est mis au service de la nation tout entière. Il assume son passé millénaire ; il est le seul candidat capable de briser le système oligarchique formé par les deux équipes, chiraquienne et jospiniste, qui imposent à la France un ultralibéralisme régressif ; il a la volonté de reprendre, avec le peuple français son aventure historique.

Parce qu’il représente, face à la violence du marché globalisé, qui fonctionne grâce à l’exclusion sociale et l’exploitation des salariés, l’espoir d’une politique de justice sociale fondée sur le dynamisme économique et une nouvelle répartition de la richesse nationale.

Parce qu’il rassemble les principales familles politiques françaises – gaullistes, socialistes patriotes, communistes, royalistes – afin d’accomplir, dans l’esprit de 1789 et de 1944, les révolutions légales nécessaires. Parce qu’il nous offre la possibilité de reconstruire, avec tous les peuples et les nations de notre continent, une Europe de coopération pacifique et du plein développement de ses immenses capacités.

Parce qu’il est décidé à redonner à la France son rôle majeur dans le monde.

 

La nouvelle Action royaliste a rejoint le Pôle républicain et participe activement à la campagne électorale. Il n’est pas dans nos habitudes de conseiller sans s’engager, de théoriser sans mettre en pratique, de voter pour un candidat sans tout mettre en œuvre pour convaincre nos sympathisants, royalistes ou non, de partager notre choix électoral, politique, patriotique. Les dirigeants et les militants de la NAR, quant à eux, font campagne au sein de la direction du Pôle républicain (Bertrand Renouvin est au Bureau, Régine Judicis au Comité d’orientation stratégique) et dans les comités de soutien du candidat à la présidence de la République.

 

La Nouvelle Action royale est engagée sans dévier de sa ligne et selon sa conception de la politique : hostile aux « hommes providentiels », étrangère au « culte de la personnalité » elle a toujours soutenu les hommes d’Etat de droite, de gauche ou d’ailleurs, qui ont la volonté de se dévouer au bien public. Tel est le cas de Jean-Pierre Chevènement.

 

 

 

 

 

 

Au cœur de la bataille

POUR L A NATION, LA LOI, L’ETAT

 

 

 

Avec nos compagnons

 

Organe de la Nouvelle Action royaliste, pourvu d’un titre qui ne souffre pas la moindre ambiguïté, notre bi-mensuel « Royaliste » a la particularité d’être apprécié et soutenu par des lecteurs et des abonnés qui ne sont pas tous royalistes et qui n’acceptent pas l’ensemble de nos orientations politiques.

Cette forte minorité compte beaucoup de personnalités éminentes – grands acteurs de l’histoire, écrivains, intellectuels de toutes tendances, chercheurs de diverses disciplines. Parmi ces héros, ces maîtres respectés, ces amis fidèles, que de compagnons au sein du Pôle Républicain ! Dans la mémoire de Frédéric Grendel, ancien directeur de Notre République, organe des gaullistes de gauche, nous saluons chaleureusement ceux qui se sont exprimés dans les colonnes de notre journal et dans nos réunions : Jean Charbonnel, Régis Debray, Pierre Dabezies, Max Gallo, Pierre-Marie Gallois, Edouard Husson, Pierre Lévy, Anicet Le Pors, Pierre Maillard, Claude Nicolet, Philippe de Saint Robert, Pierre-André Taguieff.

 

Malgré des objections

 

Décidée à la quasi-unanimité par le Conseil national de la NAR le 11 novembre 2001, la participation au Pôle républicain a été précédée d’un débat qui a anticipé les objections soulevées par quelques uns de nos lecteurs.

Des royalistes chez les républicains ? Le paradoxe n’est qu’apparent. Nous avons cent fois démontré que les royalistes militent pour un régime politique particulier – la monarchie royale – alors que la République est un idéal, celui du Bien commun, et une exigence politique – celle de servir l’intérêt général. Tout gouvernement légitime, monarchique ou non, est républicain.

Des royalistes au service d’un jacobin ? Le mot a pris un sens polémique. Jean-Pierre Chevènement n’est pas partisan de la dictature de salut public et n’annonce pas le retour de la guillotine ! Il n’est même pas possible de dire que le candidat du Pôle républicain soit un centralisateur acharné puisqu’il ne propose pas de revenir sur la décentralisation qu’il a acceptée en 1982, lorsqu’il était ministre de François Mitterrand, ni d’effacer les identités régionales et locales. Mais il refuse, comme nous, que les langues et les cultures régionales servent de prétexte à l’enfermement dans le communautarisme et à des revendications indépendantistes.

Si le « jacobinisme » désigne les politiques qui veulent restaurer l’Etat et défendre l’unité nationale, le terme est impropre : le principe d’unité et d’indivisibilité de la République a été formulé par les rois capétiens – fondateurs de l’Etat, artisans de l’unité du royaume de France, et à ce titre garants de l’inaliénabilité du domaine de la Couronne, autrement dit du territoire national.  

Des royalistes avec des partisans du régime présidentiel ? Il est vrai que le Mouvement des Citoyens est favorable à ce régime que nous jugeons dangereux. Il est non moins vrai que les communistes sont, par tradition, favorable au régime d’Assemblée.

Proches des gaullistes, qui défendent le régime parlementaire arbitré par un président capable de décision, les royalistes que nous sommes s’efforcent de montrer les avantages d’une monarchie non plus élective comme aujourd’hui, mais incarnée par le successeur légitime de la dynastie capétienne. Mais Jean-Pierre Chevènement a quitté la présidence du Mouvement des Citoyens pour devenir le candidat du Pôle républicain. Il connaît et respecte la diversité des convictions des familles politiques qui le composent. Et les royalistes, comme les gaullistes, peuvent accepter le programme du candidat à la Présidence – qui ne se prononce pas pour un changement de régime.

Des royalistes dans un rassemblement nationaliste ? Là encore, il faut s’entendre sur les mots. Le nationalisme est une passion exclusive. Elle peut être captée par un « chef » qui fait de l’Etat son instrument et qui ruine le droit politique – la Constitution et ses principes fondamentaux. Le Pôle républicain est un rassemblement patriotique, qui se situe dans la tradition du « parti des politiques » voués au service de l’Etat impartial et de l’indépendance de la nation. Et Jean-Pierre Chevènement n’est pas plus nationaliste que ne l’était le général de Gaulle : il veut servir l’Etat, non se l’approprier, et agir de telle sorte que la France, loin de se replier sur elle-même, soit à nouveau en mesure de mener une politique européenne à l’échelle de notre continent.

 

Selon nos convictions

 

Nul ne pourrait nous accuser d’un choix opportuniste ou de compromis tactiques. Nos convictions profondes sont exprimées dans maints ouvrages et au fil des milliers d’articles publiés dans Royaliste, dans Cité, dans Lys rouge et dans divers journaux de droite et de gauche. Chacun peut donc vérifier la rectitude de nos engagements fondamentaux ; chacun peut constater que notre ligne politique, définie et précisée lors des congrès de la Nouvelle Action royaliste, rejoint le projet de Jean-Pierre Chevènement.

 

Pour la nation.

La nation française est une collectivité juridique fondée sur une tradition historique millénaire.

Nous voulons que le président de la République respecte la Constitution et garantisse effectivement l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire.

Nous voulons défendre la France contre la logique destructrice de l’ultra-concurrence, contre la volonté de toute puissance économique, commerciale et financière des Etats-Unis, contre la dilution dans l’européisme supranational. Cela suppose une diplomatie active sur tous les continents, le renforcement de nos capacités militaires, la mobilisation de nos ressources industrielles dans les secteurs-clés et le soutien à l’agriculture nationale dans le cadre d’une politique de développement dont la France fera profiter les pays d’Europe et d’Afrique qui sont victimes du capitalisme transnational et des recettes désastreuses du Fonds monétaire international.

 

Pour l’Etat

L’Etat est le garant de l’intérêt général, le serviteur de la nation dans le souci du bien être de tous les citoyens.

Nous voulons que l’Etat soit rétabli dans ces fonctions éminentes, dans son rôle essentiel. Cela signifie que le gouvernement démocratiquement élu doit, selon la lettre de la Constitution, déterminer et mettre en œuvre la politique de la nation. Par lui-même, non sous l’injonction des banquiers de Francfort et des bureaucrates de Bruxelles, à la suite de décisions prises en pleine opacité lors des sommets européens. La souveraineté de la nation est la condition première de la démocratie.

La souveraineté nationale, telle qu’elle s’affirme dans les droits du Parlement, ne doit plus être annihilée par des décisions prises par des organismes qui n’ont pas à répondre de leurs actes devant le peuple.

Nous voulons que l’Etat défende, modernise et développe les services publics selon les principes d’égalité, de neutralité et de continuité qui assurent aux habitants de notre pays les conditions premières de leur existence (se chauffer, s’éclairer, se déplacer, correspondre) et qui donnent à notre nation les moyens de son plein développement économique et de l’aménagement équilibré du territoire.

Nous voulons que le gouvernement mène une politique économique et sociale dynamique orientée vers la relance par l’augmentation massive des salaires et guidée par le souci de justice sociale. Ce qui implique une redistribution équilibrée des revenus du capital et des revenus du travail.

Nous voulons que l’Etat assure et renforce le système français de sécurité sociale, afin que chacun puisse se soigner à peu de frais, selon le principe d’égalité des citoyens, et nous voulons que l’Etat garantisse notre système de retraites par répartition, selon le principe de la solidarité nationale.

 

Pour la loi

Nous défendons la légitimité démocratique, telle qu’elle est affirmée par la Constitution gaullienne qui fait elle-même référence aux principes imprescriptibles qui sont inscrits dans la Déclaration de 1789 et dans le Préambule de la constitution de 1946.

Nous affirmons la supériorité de la loi sur le contrat car la loi doit être la même pour tous, alors que le contrat permet trop souvent que le fort impose sa volonté au faible.

Nous voulons la révolution par la loi. Nous estimons que la révolution politique et juridique a été accomplie par le général de Gaulle en 1958. Nous affirmons que les conditions de la révolution économique et sociale ont été posées dans le Préambule de 1946 qu’il est impératif de respecter à nouveau et de mettre délibérément en œuvre : appropriation collective des activités ayant un caractère de service public national et des monopoles de fait ; égalité des droits et des salaires entre les hommes et les femmes ; droit à obtenir un emploi ; participation des travailleurs à la gestion des entreprises ; égalité d’accès à l’instruction, à la formation et à la culture – ce qui implique la défense de l’enseignement public et le renforcement du service public de l’audiovisuel.

Nous voulons que soit réaffirmé le principe d’égalité d’accès des citoyens aux dignités, aux places et aux emplois publics, face aux intrigues des corrompus et aux mesures arbitraires.

Avec Jean-Pierre Chevènement, nous voulons mener à bien les révolutions légales nécessaires.

 

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Supplément au numéro 791 de « Royaliste » – 1er avril 2002