Souligné par l’abstention massive et l’importance du vote blanc, l’apparent « désintérêt » des Français pour la politique s’explique selon nous par le rejet méprisant ou désespéré de ceux qui, à droite comme à gauche, réduisent la politique au néant de la « communication », des « marchés » et de la « gouvernance ».

Tel ne saurait être l’avis du milieu dirigeant. Nos oligarques ont tout avantage à faire porter sur le peuple la responsabilité du déficit démocratique dont on nous rebat les oreilles. Fidèle interprète de l’opinion des gens d’en haut, un éminent commentateur du Monde écrivait au lendemain des législatives qu’une des principales raisons de l’ « asthénie démocratique » tenait au caractère « peut-être » inadéquat de l’Etat et de la politique nationale, face à Bruxelles et au marché mondial.

Il y a un moyen très simple de lever l’incertitude de notre confrère : l’organisation d’un référendum sur le projet de « constitution européenne ».  On pourrait ainsi mesurer la capacité de mobilisation démocratique des Français. Mais leur réponse ne plairait « peut-être » pas aux gens du Monde et à ces messieurs d’en haut.

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Article publié dans le numéro 797 de « Royaliste » – 24 juin 2002