En introduction à un article sur le mariage du prince Felipe et de Letizia Ortiz, Le Monde (15 mai) nous informe que le nombre des monarchies européennes diminue « inexorablement » et que l’Espagne constitue un « cas atypique ».

Nous ne marquerons pas de revenir sur cette opinion. Mais observons sans attendre que la chute d’une monarchie démocratique et parlementaire ne constitue pas nécessairement un progrès.

Après Alphonse XIII, l’Espagne a connu la guerre civile et la dictature franquiste. Le roi d’Albanie a été chassé par les troupes de Mussolini. Les rois Michel de Roumanie et Siméon de Bulgarie ont été contraints de s’exiler sous la pression de staliniens qui ont installé la dictature du prolétariat…

Ailleurs dans le monde, le débonnaire roi Farouk a été remplacé par la dictature nationaliste de Nasser, la liquidation sanglante de la monarchie irakienne a ouvert la voie au tyran de Bagdad et l’exil forcé de Zaher Chah a plongé l’Afghanistan dans un cycle infernal de violence.

Faut-il enfin rappeler que les adversaires les plus déterminés des monarchies instituées sont des mouvements terroristes et ethnicistes (en Espagne) et des fascistes – en Belgique ?

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Article publié dans le numéro 839 de « Royaliste » – 2004